Stage de récupération de points : j’ai testé pour vous !

 
Tout commence dans un hôtel de la banlieue parisienne, une salle de réunion qui accueille habituellement des séminaires d’entreprises. Vous voyez le genre…

 
Nous sommes 20 (le maximum) dont 18 garçons (il n’y a jamais beaucoup de filles, 1 ou 2), réunis pour une seule et unique raison : récupérer 4 points sur notre permis de conduire.
 
Stage récupération de point
 
Coût de l’opération : 240 € (payés lors de la réservation sur Internet, mais les prix varient entre 230 € et 280 €, libre à vous de sélectionner le centre agréé de votre choix). Ça fait aussi deux jours de vacances en moins… que je vais passer aux côtés du psychologue et du formateur spécialisé en sécurité routière. Pour être honnête, j’y suis venue à reculons, à ce stage de « sensibilisation à la sécurité routière », avec le sentiment, partagé par tous, de faire tinter le tiroir-caisse !
 
 

Enfin, nous y sommes et autant faire contre mauvaise fortune bon coeur. Le stage débute par une présentation de chaque participant. On se pince en entendant certaines histoires (il est possible d’effectuer un stage par an et Thierry en est à son 3e…) et l’on se trouve des affinités avec d’autres « égarés » de la route, comme moi. Chacun explique sa petite histoire et le programme commence, tendu au début, dans le registre, « ce n’est pas moi, ce sont les autres », mais dans une ambiance plus conviviale au fur et à mesure des heures.

 

J’imaginais des images chocs, des sermons bien rodés, un lavage de cerveau… pour nous donner un peu plus, mauvaise conscience, nous, les 25% d’automobilistes qui n’ont plus 12 points à leur actif !

 
Stage de récupération de points
Mais non, la démarche est plus subtile, l’objectif : nous faire prendre conscience des dangers de la route via notre comportement, notre rapport aux autres, nos mauvaises habitudes (ce satané téléphone qui nous expose 5 fois plus aux accidents…) et nos croyances approximatives (les distances de freinage…). Il y a des passages plus techniques, sur la vitesse, les lois physiques et leurs conséquences sur les véhicules, un couplet sur l’alcool…

 

Éthylotest
On écoute, on témoigne, on partage
(chacun défend son territoire, les routiers, les motards, les commerciaux, avec son lot d’idées reçues…) via des ateliers où, par groupe, nous réunissons nos connaissances… il y en a toujours un qui ronchonne, mais la prise de conscience a bien lieu.

On ne sort pas indemne de cette immersion au pays de la sécurité routière. À moins d’être irrécupérable, terme employé par la psy en parlant de Didier, qui ne voit dans son automobile qu’un objet de plaisir et de vitesse… ce stage aura été fructueux, si si, je l’avoue !

 

J’en suis ressorti plus humble, plus respectueuse des autres, de la vie, si fragile… après avoir entendu des témoignages (cette fille de 25 ans, défigurée après une sortie de route, alors qu’elle téléphonait…), qui font l’effet d’une claque. Bien sûr, j’ai récupéré mes 4 points, dès le lendemain.

Mais au-delà, j’ai compris que chacun appréhende la route différemment, avec sa sensibilité, son éducation… à nous de la partager intelligemment, après l’avoir mieux comprise, c’était tout l’objet de la démarche !